Entrepôts 1510 : Étude des flux thermiques obligatoire en 2026

Comment éviter les sanctions et sécuriser votre site ?

Depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté du 11 avril 2017, les exploitants d’entrepôts couverts soumis à la rubrique 1510 doivent réaliser une étude de flux thermiques en cas d’incendie. Cette obligation vise à protéger les tiers et l’environnement en limitant les effets thermiques à 8 kW/m² en limite de site. Le non-respect de cette exigence expose les exploitants à une non-conformité majeure, une mise en demeure, voire un arrêt de l’activité à risque.

Exemple de modélisation de flux thermiques (INERIS)

Cadre réglementaire : ce que dit la loi

L’annexe VIII de l’arrêté du 11 avril 2017 oblige les exploitants d’entrepôts classés sous la rubrique 1510 à élaborer une étude déterminant les distances correspondant à différents seuils d’effets thermiques en cas d’incendie.

Cette étude doit être transmise au préfet avant le 1er janvier 2026 pour les installations à déclaration, tandis que les installations à autorisation ou enregistrement y sont déjà soumises depuis le 1er janvier 2023.

Si les flux thermiques dépassent 8 kW/m² en limite de site, l’exploitant doit mettre en œuvre des mesures correctives pour revenir en dessous de ce seuil.

Objectifs de l’étude des flux thermiques

L’étude des flux thermiques permet :

  • D’évaluer les risques pour les personnes et les biens en cas d’incendie ;
  • De définir les distances de sécurité autour de l’entrepôt ;
  • Et d’optimiser l’implantation de l’entrepôt et des mesures de protection.

Contenu et méthodologie de l’étude des flux thermiques

Ce que doit contenir l’étude

L’étude doit inclure une description détaillée des matières stockées et de leur disposition, une modélisation des effets thermiques en cas d’incendie, selon la méthode FLUMILOG, et le calcul des distances correspondant aux seuils des 4 zones de flux thermiques (voir Zoom en fin d’article).

Qu’est-ce qu’un effet thermique ?

Un effet thermique correspond au rayonnement émis par un incendie, mesuré en kW/m². Ils peuvent provoquer des brûlures graves pour les personnes exposées, l’inflammation de matériaux combustibles à proximité et des dommages irréversibles aux infrastructures et à l’environnement.

A titre de comparaison la rayonnement solaire génère un flux thermique au niveau du sol d’environ 0,5 kW/m².

Schéma d’un effet thermique dû à un incendie (INERIS)

La modélisation FLUMILOG

La modélisation s’appuie sur l’outil FLUMILOG, développé par l’INERIS, le CTICM et le CNPP, et sert de référence pour déterminer les distances associées aux effets thermiques d’un incendie d’entrepôt. Cette méthode permet de modéliser dynamiquement l’évolution d’un incendie (de l’inflammation à l’extinction), en intégrant l’influence de la structure et des parois : celles-ci peuvent limiter la puissance du feu (par restriction d’air) ou atténuer le rayonnement thermique (en tant qu’écran), les flux thermiques étant recalculés en temps réel selon la progression de l’incendie et l’état des éléments constructifs.

Paramètres clés de la modélisation

Pour réaliser ces calculs, la modélisation prend en compte :

  • Les caractéristiques des combustibles (nature et quantité des matières stockées).
  • La configuration du stockage (hauteur, compartimentage, etc.).
  • Les différents scénarios de propagation d’un incendie.

L’étude détermine alors les distances de sécurité à respecter vis-à-vis des tiers et des limites de site et elle définit ainsi l’implantation de l’entrepôt.

Que faire si l’étude révèle des flux supérieurs à 8 kW/m² ?

Si l’étude révèle des flux supérieurs à 8 kW/m² en limite de site, l’exploitant doit alors mettre en place des mesures de réduction des risques : écrans thermiques, modification du stockage, systèmes de protection incendie renforcés.

Il doit ensuite transmettre ce plan de mesures par courrier au préfet en détaillant les actions engagées pour revenir en dessous du seuil réglementaire, dans les deux ans, et justifier les solutions retenues pour garantir la sécurité des tiers et la conformité du site.

Si la DREAL constate des manquements à la réglementation, l’exploitant recevra une mise en demeure avec un délai pour se mettre en conformité. Des sanctions administratives (notamment des amendes pouvant aller jusqu’à 15 000 € par infraction, suspension d’activité…) et des sanctions pénales, en cas de manquements graves, peuvent être appliquées. Enfin, ces non-conformités peuvent entraîner la perte de couverture par les assurances en cas d’incident, laissant l’exploitant exposé financièrement.

Zoom : Comprendre les quatre zones de flux thermiques et leurs impacts

Les effets thermiques d’un incendie d’entrepôt sont classés en quatre zones, selon leur intensité.

Idéalement, aucun effet thermique ne doit se situer en dehors des limites du site. Toutefois, pour se conformer aux dispositions de l’arrêté du 11 avril 2017, il est impératif que les effets thermiques des zones rouges et oranges soient localisés à l’intérieur du périmètre défini.

ZoneNiveau de flux thermiqueEffets sur les personnes et l’environnement
Zone 1 (Rouge)> 12,5 kW/m²Effets létaux en quelques minutes, inflammation des matériaux combustibles.
Zone 2 (Orange)8 à 12,5 kW/m²Douleurs insupportables après 20 secondes, risques de brûlures graves.
Zone 3 (Jaune)8 kW/m²Seuil maximal autorisé en limite de site. Au-delà, mesures correctives obligatoires.
Zone 4 (Verte)< 8 kW/m²Aucun effet irréversible pour les tiers.

Source : guide Oméga 2 — Feux industriels, INERIS, 2014.

Connaissez-vous la « clause filet » ?

En tant que professionnel des ICPE, vous êtes confronté à des exigences réglementaires strictes en matière de sécurité et d’environnement. La récente introduction de la « clause filet » en France vient s’ajouter à ces exigences et peut impacter les procédures des dossiers administratifs à soumettre aux instances en charge de l’instruction de vos dossiers ICPE (nouveau projet, et extension ou modification du projet).

Comprendre la « Clause Filet » :

La directive européenne 2011/92/UE sur l’évaluation environnementale impose que tous les projets susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement et la santé humaine, quelle que soit leur taille, soient soumis à une évaluation environnementale. Or, le système français, jusqu’en 2022, se basait sur des seuils pour déterminer si un projet devait être évalué (Article R122-2 et ses annexes). Cette approche était jugée trop restrictive par la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), qui estimait que même les petits projets pouvaient avoir des impacts importants et, de fait, être aussi étudiés.

La « clause filet » est la récente réponse adoptée par la France. C’est un mécanisme qui permet de soumettre à études des projets, même s’ils ne dépassent pas les seuils de taille définis par la législation, si un risque notable d’impacts négatifs sur l’environnement ou la santé est identifié. Cette mesure a été mise en place par le décret du 25 mars 2022 et confirmée via une décision du Conseil d’État le 4 octobre 2023.

L’introduction de la « clause filet » a pour conséquence la création d’une troisième catégorie de projets eux aussi susceptibles d’être soumis à évaluation environnementale. Le décret prévoit que la « clause filet » peut être utilisée à l’initiative de l’autorité compétente ou du maître d’ouvrage, et vient utilement préciser l’articulation de cette nouvelle procédure avec les procédures existantes.

Impacts de la « Clause Filet » sur les ICPE :

  • Élargissement du champ d’application de l’évaluation environnementale : La « clause filet » élargit considérablement le champ d’application de l’évaluation environnementale, impliquant un nombre accru de projets et de procédures pour les ICPE. Quel que soit alors la « taille » du projet et ce, même en dessous des seuils réglementaires, l’examen au cas par cas peut ainsi entrer en action notamment sur décision de l’autorité administrative (DREAL).

Exemple de cas : l’entreprise X, non classée, mais qui souhaite stocker et/ou utiliser un nouveau produit particulièrement dangereux, peut être contrainte à examen approfondie (même si les quantités sont en dessous des seuils réglementaires qui fixent les études et contraintes administratives associées).

  • Risques accrus de délais et de coûts supplémentaires : en application du Code de l’Environnement, la réalisation d’une évaluation environnementale suit un processus complexe et chronophage. La « clause filet » peut donc entraîner des délais et des coûts supplémentaires pour vos projets d’ICPE.
  • Augmentation des risques de contentieux : le manque de clarté et de transparence dans la mise en œuvre de la « clause filet » peut engendrer des contestations juridiques et des retards.

Comment gérer les problématiques liées à la « Clause Filet » :

  • Intégrer l’évaluation environnementale et / ou l’étude de dangers dès la phase de conception de vos projets :

Une intégration précoce de l’évaluation environnementale dans la conception de votre projet d’ICPE vous permettra d’identifier les enjeux majeurs de votre projets et ainsi  minimiser les risques et les coûts liés à la « clause filet ».

  • S’appuyer sur des ressources externes en management des risques :

Un expert en management des risques vous aidera à identifier, analyser et gérer les risques liés à la « clause filet », et à mettre en place des stratégies de mitigation/consolidation efficaces afin de minimiser les risques de contentieux et maitriser les délais…

  • Mettre à jour vos études de dangers et d’impacts :

Il est crucial de mettre à jour vos études de dangers et d’impacts pour tenir compte des nouveaux critères de la « clause filet ». Tous les acteurs sont en effets plus sensibles et peuvent remettre en cause la pérennité de votre projet en s’appuyant sur ce dispositif.

En tant que prestataire spécialisé dans les études de dangers et d’impacts pour les ICPE, nous pouvons vous accompagner dans la gestion des risques liés à la « clause filet » et vous aider à :

  • Réaliser ou mettre à jour vos études de dangers et d’impacts,
  • Identifier les risques et les enjeux spécifiques à votre projet,
  • Développer des stratégies de mitigation et de prévention,
  • Mettre en place des processus de suivi et de contrôle,
  • Gérer les relations avec les autorités compétentes.

Pour plus d’informations : https://association-idpa.com/

Mise à jour de la fiche barrière « évents d’explosion » – INERIS

L’INERIS vient de publier une nouvelle version du document de synthèse relatif aux évents d’explosions en tant que barrière de sécurité à prendre en compte pour les Études de Dangers.

Ce guide présente les informations relatives aux évents d’explosion qui représentent aujourd’hui la solution de réduction des effets des explosions confinées la plus utilisée dans l’industrie. Ces dispositifs sont conçus pour permettre d’atténuer significativement les effets d’une explosion confinées (par exemple au sein d’un réservoir de stockage).

Retrouvez le guide ici : https://www.ineris.fr/fr/events-explosion-document-synthese-relatif-barriere-technique-securite-bts

Ajout de deux nouvelles substances à la liste SVHC

Dans le cadre du règlement REACH, l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) vient d’ajouter deux nouvelles substances à la liste des substances extrêmement préoccupantes (SVHC) candidates en vue d’une autorisation.

Il s’agit de :

l’oxyde de diphénylphosphine (CAS n° 4559-70-0), composé organophosphoré qui se retrouve dans une grande variété de produits chimiques (encres, colorants). L’Echa considère cette substance comme potentiellement reprotoxique.

le bis(4-chlorophényl) de sulphone (CAS n° 80-07-9), composé organique, utilisé dans la fabrication de produits plastique de couleur blanche . Selon l’Echa, cette substance serait très persistante et très bioaccumulable, à l’instar de certains perturbateurs endocriniens

La liste SVHC compte désormais, avec ces deux ajouts, 235 substances candidates à autorisation. Pour rappel, les fabricants employant pour leurs produits l’une des substances listées à une concentration supérieure à 0,1 % doivent informer leurs clients de leur toxicité potentielle et en notifier l’Echa.