Carrières : activités d’extraction et de traitement des matériaux

Les carrières constituent un maillon clé de l’industrie des matériaux de construction, mais leur exploitation s’accompagne de défis techniques, réglementaires et environnementaux majeurs. De l’extraction au stockage des déchets inertes, chaque activité est encadrée par des rubriques ICPE (Installations Classées pour la Protection l’Environnement) spécifiques. Entre modifications des paysages, impacts sur les ressources en eau, nuisances sonores et poussières, ces sites doivent allier performance opérationnelle et respect des exigences écologiques, tout en naviguant dans un processus administratif exigeant. Pour garantir la viabilité des projets sur le plan technique et environnemental, une planification minutieuse, une maîtrise des risques et l’accompagnement par des experts s’imposent.

Activités d’une carrière et rubriques ICPE correspondantes

Les activités principales d’une carrière

Extraction de matériaux : cette activité implique souvent des techniques telles que le forage, l’utilisation d’engins lourds et parfois d’explosifs pour extraire les matériaux du sol.

Gestion des déblais et remblais : la gestion des déblais et des remblais est essentielle pour minimiser les coûts, réduire les impacts environnementaux et maximiser l’efficacité du projet. Un plan de phasage d’exploitation sur 30 ans est élaboré pour les gérer efficacement (planification, évaluation du site et mesures de suivi) et assurer une exploitation durable et organisée des ressources.

Broyage des matériaux : les matériaux extraits sont broyés pour obtenir des granulats de différentes tailles, utilisés dans divers projets de construction. Exemple courant de technique utilisée : le broyage par impact à l’aide de concasseurs à mâchoires et de concasseurs à cylindres.

Prétraitement des matériaux : cette étape inclut le lavage, le criblage et le tri des matériaux pour éliminer les impuretés et les classer selon leur taille et leur qualité, à l’aide de tamis et de convoyeurs.

Stockage de déchets inertes : Les déchets inertes sont des déchets qui ne subissent aucune modification physique, chimique ou biologique importante et ne sont pas susceptibles d’entraîner une pollution de l’environnement ou de nuire à la santé humaine. Ils sont stockés de manière sécurisée, par enfouissement ou comblement sur site. A ce titre, une carrière doit disposer d’un plan de gestion des déchets.

Les principales rubriques ICPE concernées

Les activités des carrières sont régies par plusieurs rubriques de la nomenclature des ICPE.

La rubrique 2510 concerne l’extraction des matériaux, le remblaiement ou son aménagement (par exemple en plan d’eau). Cette activité d’extraction et de remblaiement implique une planification sur 30 ans de la gestion des stocks des matériaux extraits.

La rubrique 2515 encadre les activités de prétraitement des matériaux ainsi que celles de broyage.

La rubrique 2720 vise le stockage de déchets inertes, en lien avec le remblaiement.

La rubrique 2517 s’applique à l’aire de transit, qui peut accepter sous certaines conditions les déchets issus des chantiers extérieurs.

Pour plus d’informations sur ces rubriques, vous pouvez consulter les liens suivants :

Crédits infographie : Vos Mots Tissés

Les types d’impacts environnementaux et les risques majeurs d’une carrière

Les types d’impacts environnementaux

Les activités d’extraction et de traitement des matériaux peuvent avoir plusieurs impacts environnementaux majeurs :

  • Modification du paysage : l’extraction de matériaux peut entraîner des changements significatifs dans le paysage naturel.
  • Impacts sur la géologie et l’hydrologie : ces activités peuvent perturber la structure géologique et les ressources en eau locales.
  • Impacts sur la biodiversité : la faune et la flore locales peuvent être affectées par la modification de leur habitat naturel.
  • Bruit/vibration : les engins lourds et les explosions peuvent générer des nuisances sonores et des vibrations.
  • Émission de poussières : le broyage et le traitement des matériaux peuvent produire des poussières pouvant affecter la qualité de l’air.
  • Trafic routier : l’augmentation du trafic routier liée au transport des matériaux peut avoir des impacts sur les infrastructures locales et la qualité de l’air.

Les types de risques majeurs

Bien que les activités de carrière ne représentent généralement pas de risques majeurs pour les populations, certains risques doivent être pris en compte :

Pollution environnementale limitée : les activités peuvent entraîner une pollution limitée de l’air, de l’eau et du sol. Par exemple, l’utilisation de carburant sur le site peut entraîner un risque de fuite, susceptible de se propager en fond de carrière et, in fine, de contaminer les nappes phréatiques.

Risque incendie : modéré à faible, ce risque est principalement lié aux engins et aux installations électriques.

Risque d’explosion : il est limité aux tirs de mine utilisés pour l’extraction des matériaux.

Risque toxique : ce risque est faible, voire inexistant, car les matériaux traités sont généralement non toxiques.

À retenir

La réussite des activités d’exploitation de carrières repose sur la maîtrise des enjeux environnementaux, qui influencent directement les coûts, les délais de la procédure administrative et les obligations de suivi tout au long de la vie du site — qu’il s’agisse du contrôle des nappes phréatiques, de la définition et du respect du calendrier d’exploitation compatible avec la biodiversité locale ou d’autres exigences réglementaires. Le dossier d’autorisation ICPE carrière, réputé pour sa complexité et sa durée — tant dans la réalisation des études que dans l’instruction, souvent scrutée par le public — impose une rigueur particulière, notamment à travers l’élaboration d’un plan de phasage d’exploitation sur 30 ans, intégré à l’autorisation environnementale. Anticiper ces délais et ces contraintes, et s’appuyer sur des experts (bureau d’études ou consultant spécialisé en ICPE) est donc indispensable pour sécuriser le projet et en garantir la viabilité technique, économique et écologique.

Étude de dangers ICPE : objectifs et démarche globale

L’étude de dangers (EDD) est un élément obligatoire pour les installations industrielles classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et requis lors du dépôt de demande d’autorisation d’exploiter. Elle vise à identifier et évaluer les risques d’accident majeur associés à ces installations, que ce soit en fonctionnement normal, transitoire ou accidentel.

Contexte réglementaire

Les obligations liées à l’étude de dangers sont régies par plusieurs textes et directives, tant au niveau européen que national.

La directive européenne SEVESO III, entrée en vigueur le 1er juin 2015 et déclinée en France au travers du code de l’environnement, établit des règles pour la prévention des accidents majeurs impliquant des substances dangereuses et la limitation de leurs conséquences pour la santé humaine et l’environnement. La réglementation prend en compte le régime de classement de l’établissement pour établir les exigences concernant l’étude de dangers. Ainsi, dans le cadre du processus d’évaluation des risques de l’étude de dangers et suivant le régime de classement, des exigences spécifiques sont applicables.

Une étude de dangers doit être réalisée lors de la création d’une nouvelle installation industrielle dont l’activité et les substances ou mélanges dangereux la font relever du régime de l’autorisation. Elle doit ensuite être mise à jour dans les cas suivants :

  • Passage de l’installation au régime de l’autorisation (en cas de modification de la nomenclature des Installations Classées) ;
  • Tous les cinq ans pour les établissements SEVESO Seuil Haut ;
  • Modification d’une installation existante (soumise à autorisation ou SEVESO) dès lors que cette modification est jugée « notable » par le préfet, c’est-à-dire entraînant des dangers ou inconvénients significatifs pour les intérêts mentionnés aux articles L.211-1 et L.511-1 du code de l’environnement ;
  • Demande par l’administration en cas d’évolution de l’état de l’art et des connaissances, d’augmentation du risque rendant l’étude de dangers existante inadaptée ou d’occurrence d’un accident dans l’établissement.

L’article R.512-9 du code de l’environnement expose le principe de proportionnalité en précisant que « le contenu de l’étude de dangers doit être en relation avec l’importance des risques engendrés par l’installation, compte tenu de son environnement et de la vulnérabilité des intérêts mentionnés aux articles L.211-1 et L.511-1 du code de l’environnement ». Le principe de proportionnalité, tel qu’énoncé, est complexe à appliquer selon des règles uniformes à toutes les installations industrielles. Par conséquent, les méthodes de gestion des risques sont utilisées pour mettre en œuvre ce principe.

Comment évaluer si un scénario est acceptable ?

L’objectif principal de l’étude de dangers est de démontrer la maîtrise des risques d’accident majeur associés aux installations et aux activités industrielles. En France, l’EDD est un outil réglementaire qui s’inscrit dans une démarche de gestion des risques en vue d’obtenir une autorisation d’exploiter dans les conditions décrites dans cette étude de dangers. Elle est réalisée sous la responsabilité de l’exploitant.

L’EDD permet d’identifier les risques auxquels l’installation peut exposer les intérêts visés par l’article L.511-1 du code de l’environnement (voisinage, santé publique, protection de l’environnement…), que la cause soit interne ou externe à l’installation. À travers ce document technique, l’exploitant doit identifier les scénarios d’accidents majeurs et établir la performance des mesures de maîtrise des risques.

L’EDD s’inscrit dans un processus itératif de gestion des risques, visant à réduire les risques à un niveau jugé acceptable. Cela inclut :

  • L’identification des sources de dangers ;
  • L’analyse des conditions dans lesquelles ces dangers peuvent se matérialiser ;
  • Et la caractérisation des risques selon plusieurs critères tels que la gravité des conséquences et la probabilité d’occurrence.

Déterminer le niveau de gravité sur les enjeux humains revient à évaluer l’atteinte potentielle des personnes par les effets d’un phénomène dangereux. Ce niveau est mesuré grâce à une ou plusieurs modélisations qui combinent l’intensité des effets (toxiques, de surpression ou thermiques) à la vulnérabilité de la zone potentiellement dangereuse. Le nombre de personnes susceptibles d’être affectées par les effets des phénomènes dangereux du site peut ainsi être déterminé (exemple : niveau estimé « sérieux » si au plus 1 personne est concernée dans une zone délimitée par le seuil des effets létaux du phénomène).

La probabilité d’occurrence est ensuite évaluée. Elle est soit estimée de manière quantitative (par unité et par an), soit de manière qualitative, sur la base d’un retour d’expériences (exemple : probabilité D = « évènement très improbable », s’est déjà produit, mais a fait l’objet de mesures correctives réduisant significativement la probabilité de ce scénario).

Ainsi, des scénarios présentant une gravité importante (exemple : effets thermiques au delà des limites de propriétés) peuvent tout à fait être considérés comme acceptables si leur probabilité d’occurrence est faible. C’est dans ce cadre que sont caractérisées les mesures de sécurité à mettre en œuvre.

En reprenant les exemples cités précédemment, la grille ci-dessous montre qu’un scénario avec une probabilité D (très improbable) et présentant une gravité des conséquences « sérieux », se positionne dans la zone verte = « risque moindre ».

Figure : grille d’appréciation du niveau de maîtrise du risque en termes de couple probabilité — gravité

Ensuite, l’évaluation des risques consiste à comparer le niveau de risque résiduel à un niveau jugé acceptable, correspondant aux zones de la grille MMR associées à un niveau de risque moindre ou intermédiaire.

Si les scénarios étudiés sont jugés acceptables, le risque est considéré comme maîtrisé.

Les mesures de sécurité pour rendre un scénario acceptable

Des mesures techniques, organisationnelles et humaines doivent être mises en place pour maîtriser les risques sur l’établissement, en prenant en compte les pratiques et techniques disponibles ainsi que leur coût.

Les barrières de sécurité ou les mesures de maîtrise des risques visent à limiter la probabilité d’occurrence ou à réduire les effets des risques des accidents potentiels. Plus ces barrières sont nombreuses, performantes et indépendantes, plus la probabilité que les enjeux soient exposés à des effets notables est faible.

Pour résumer

L’étude de dangers est un document obligatoire dans le cadre de la démarche de demande d’autorisation d’exploiter des installations classées.

Elle sert à identifier et à évaluer les risques d’accident majeur. S’inscrivant dans un processus de gestion des risques, elle permet d’estimer la gravité des conséquences et la probabilité d’occurrence des phénomènes dangereux. Il est important de noter qu’un scénario, même s’il présente une gravité importante, peut être considéré comme acceptable si sa probabilité d’occurrence est jugée faible.

Selon les résultats de cette évaluation, des mesures techniques et organisationnelles doivent être mises en place pour maîtriser les risques et réduire leur impact.

L’EDD vise à démontrer que le projet permet d’atteindre un niveau de risque aussi bas que possible, dans des conditions économiquement acceptables, compte tenu de l’état des connaissances et des pratiques, ainsi que de la vulnérabilité de l’environnement de l’installation.

Le « Porter à Connaissance » : quand doit-on informer le préfet ?

Les évolutions au sein d’une installation industrielle sont inhérentes à la dynamique d’une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE). Cependant, lorsque ces changements ont des répercussions sur l’environnement, la réglementation impose aux responsables d’exploitation d’évaluer rigoureusement tout nouveau projet ou modification. L’objectif est de garantir la sécurité des travailleurs, l’intégrité des installations et la protection de l’environnement. C’est pourquoi il est crucial de maîtriser la démarche du « Porter à Connaissance » pour informer les autorités des changements prévus et assurer la conformité réglementaire.

L’obligation de notification à la préfecture

Le Porter à Connaissance (PAC) est une démarche administrative qui oblige tout exploitant industriel à informer les autorités de tout changement significatif dans son exploitation. En effet, l’article R181-46 du Code de l’environnement exige que toute modification notable apportée à une ICPE d’un site soumis à autorisation ou enregistrement doit être portée à la connaissance du préfet.

L’inspection des ICPE analyse alors la modification notifiée au travers du « Porter à Connaissance ». Trois situations sont ensuite possibles :

  • la modification est considérée notable et substantielle. L’exploitant doit constituer et déposer un nouveau dossier d’autorisation environnementale (voir notre article sur la réforme de l’autorisation environnementale) ;
  • elle est jugée notable et non substantielle et un arrêté de prescriptions complémentaires peut être proposé au préfet ;
  • enfin, la modification est jugée non notable et non substantielle et l’arrêté encadrant l’exploitation de l’ICPE ne nécessite pas de modification.

Les critères de réalisation d’un PAC

Dans quel cas réaliser un Porter à Connaissance ? Une modification notable peut concerner divers aspects tels que l’augmentation de la capacité de production, l’introduction de nouvelles substances dangereuses ou encore la modification des procédés de fabrication. La démarche est semblable à celle d’une autorisation environnementale, mais elle est adaptée au changement envisagé. L’objectif est de s’assurer que ces changements n’entraînent pas de risques supplémentaires pour l’environnement ou la population avoisinante. La nécessité de réaliser un porter à connaissance dépend de plusieurs facteurs.

Voici quelques questions clés à se poser :

La liste des questions évoquées dans ce schéma est loin d’être exhaustive. Elle sert de point de départ au questionnement à avoir au lancement du projet. L’exploitant qui n’a pas les ressources et les compétences en interne pour mener cette réflexion est vivement encouragé à se tourner vers un conseiller de la DREAL, un bureau d’études ou tout professionnel expert du sujet.

Le contenu du dossier

Le Porter à Connaissance est un type de dossier réglementaire dont la forme est flexible et le contenu plus ou moins détaillé selon les enjeux et de la complexité du projet. Contrairement à un formulaire CERFA qui permet de guider l’exploitant, la réglementation n’est pas explicite sur les éléments attendus dans un porter à connaissance. Le livrable peut être un simple courrier ou un dossier bien plus conséquent contenant, par exemple, une notice de dangers (équivalente à une étude de dangers). Pour pouvoir déterminer ce que contient ce dossier, l’exploitant doit se poser les questions évoquées précédemment :

  • la modification apportée engendre-t-elle ou modifie-t-elle un ou plusieurs risques industriels ?
    • substances dangereuses ;
    • nouveaux procédés à risque ;
    • extension de stockage…
  • le projet a-t-il un impact environnemental ?
    • Rejets ou prélèvements dans les eaux;
    • rejets dans l’air;
    • imperméabilisation des sols

Dans tous les cas, ce porter à connaissance doit être rédigé afin de permettre aux services de l’État de statuer sur la substantialité de la demande. C’est pourquoi il est recommandé de s’adresser à un professionnel compétent qui peut garantir la conformité du projet avec les exigences légales.

En synthèse

Le « Porter à Connaissance » est une étape incontournable pour tout projet industriel impliquant des changements significatifs. Il permet de garantir la sécurité des installations et la préservation de l’environnement. Cependant, cette démarche nécessite une bonne maîtrise de la réglementation et des différents cas nécessitant la mise en œuvre d’un porter à connaissance. Toutes les entreprises ne possèdent pas en interne cette expertise technique et réglementaire. Un professionnel pourra répondre à leur besoin afin de réaliser cette évaluation, identifier les risques à la mise en conformité réglementaire et engager les démarches administratives nécessaires.

Réforme de l’autorisation environnementale : ce qui change pour les porteurs de projet

La réforme de l’autorisation environnementale, introduite par la loi « Industrie verte » du 23 octobre 2023 et son décret d’application du 6 juillet 2024, vise à accélérer les procédures et moderniser la consultation du public pour les projets ayant un impact significatif sur l’environnement. Cette réforme s’inscrit dans une démarche de renforcement de l’attractivité du territoire français pour les investisseurs, tout en favorisant une réindustrialisation respectueuse de l’environnement. Les nouvelles dispositions concernent toutes les demandes d’autorisation environnementale déposées à compter du 22 octobre 2024.

Nouveautés de la réforme

Accélération de la procédure

L’une des principales nouveautés de la réforme est l’accélération de la procédure d’autorisation environnementale. Désormais, l’instruction du dossier de demande, les consultations obligatoires des organismes compétents, les consultations des conseils municipaux et autres collectivités locales, ainsi que la participation du public, sont menées simultanément. Cette parallélisation des étapes permet de réduire les délais d’instruction, sans interruption, même en cas de demandes de compléments formulées par les services de l’État. Cependant, il est crucial de noter que, malgré cette parallélisation, la durée totale d’instruction peut être plus longue que prévu si le dossier n’est pas suffisamment mature. La phase de préparation est donc primordiale pour obtenir au plus vite la notification de complétude et de régularité du dossier.

Modernisation de la participation du public

La participation du public a été modernisée et est désormais majoritairement dématérialisée. Les éléments du dossier, les avis rendus et les éventuels compléments ou réponses apportés par le porteur de projet sont rendus publics sur un site Internet dédié. Deux réunions publiques en présentiel sont obligatoires : l’une dans les quinze premiers jours de la consultation et l’autre dans les quinze derniers jours. Cette approche vise à garantir une transparence accrue et une meilleure implication des parties prenantes.

Gestion du contentieux

La réforme introduit également des dispositions concernant la gestion du contentieux :

  • le juge peut régulariser les autorisations plutôt que de les annuler pour des vices mineurs,
  • tout recours doit être notifié à l’auteur de la décision et au bénéficiaire, sous peine d’irrecevabilité,
  • le porteur de projet peut demander au juge administratif de sanctionner tout comportement abusif de la part d’un requérant,
  • et, en cas de litige, les porteurs de projet peuvent contester les décisions devant les tribunaux administratifs dans les deux mois suivants leur publication.

Cette gestion rigoureuse du contentieux vise à sécuriser les procédures et à garantir la légalité des décisions prises.

Phases de la procédure

La procédure d’autorisation environnementale se décompose en plusieurs phases :

1. Phase amont : cette étape préalable, (facultative) permet aux porteurs de projet de préparer un dossier complet et régulier en collaboration avec les services de l’État. Elle n’est soumise à aucun délai.

2. Dépôt de la demande : le dépôt peut se faire selon deux modalités, en utilisant la téléprocédure ou en version papier auprès du guichet environnement départemental. Une preuve de dépôt est fournie, mais elle ne signifie pas que le dossier est complet et régulier.

3. Phase d’examen et de consultation : cette phase débute une fois le dossier déclaré complet et régulier. Elle inclut l’instruction par les services de l’État, les consultations obligatoires et la participation du public. Des demandes d’informations complémentaires peuvent être formulées sans interrompre les délais. Cette phase est limitée à une durée de 3 mois.

4. Phase de décision : cette phase reste inchangée. Le service coordonnateur propose une décision favorable ou défavorable, éventuellement assortie de prescriptions. Un échange contradictoire est possible avec le porteur de projet avant l’adoption de la décision. Cette phase dure en général 2 à 3 mois.

Conseils et recommandations aux porteurs de projet

Importance de la phase amont

La phase amont, bien que facultative, est fortement recommandée. Le porteur doit présenter un projet mature et bien approfondi pour obtenir des retours pertinents de l’administration. Il peut demander aux services de l’État un cadrage préalable pour les projets soumis à évaluation environnementale. En cas de demandes de compléments, il est important de fournir les informations nécessaires le plus rapidement possible pour éviter des retards dans la procédure.

Cette phase, qui n’est soumise à aucun délai, est déterminante pour une meilleure maîtrise de la durée de l’ensemble de la procédure.

Collaboration avec les services de l’État

Les services de l’État peuvent accompagner les porteurs de projet pour s’assurer que les enjeux environnementaux sont correctement pris en compte. Une étroite collaboration entre les parties est recommandée tout au long de la procédure. Cela permet de solliciter des compétences appropriées aux enjeux du projet qui sera ainsi amélioré et consolidé grâce à un dossier de qualité. Une bonne coordination entre l’administration et le porteur de projet est essentielle pour maîtriser les délais d’instruction.

Participation à la consultation du public

Les porteurs de projet sont encouragés à participer activement à la consultation du public, notamment en organisant les réunions publiques en collaboration avec le commissaire enquêteur. Une bonne communication avec le public et les organismes consultés permet de mieux faire comprendre les enjeux du projet et de répondre aux préoccupations des parties prenantes. Les différents frais liés à cette consultation du public sont à la charge du pétitionnaire. Il doit aussi proposer un site Internet dédié à la consultation, également à sa charge.

Rappels des avantages de l’autorisation environnementale

Simplification des procédures

L’autorisation environnementale intègre la plupart des procédures requises pour la réalisation d’un projet ayant des effets importants sur l’environnement. Elle permet de demander une autorisation en une seule fois, avec une seule procédure d’instruction et une seule décision. Cela simplifie les démarches administratives pour les porteurs de projet.

Interlocuteur unique

En cours d’instruction, le porteur de projet bénéficie d’un interlocuteur unique, le service coordonnateur, qui pilote la procédure. Cela permet de centraliser les échanges et de faciliter la coordination entre les différents acteurs impliqués dans le projet.

Prise en compte des enjeux environnementaux

L’autorisation environnementale garantit que les enjeux environnementaux sont correctement pris en compte. Le service coordonnateur s’assure que toutes les dimensions environnementales sont examinées avant de proposer une décision favorable ou défavorable.

En bref

La réforme de l’autorisation environnementale représente une avancée significative pour simplifier et accélérer les procédures administratives tout en garantissant une prise en compte rigoureuse des enjeux environnementaux. Elle a pour objectif de créer un cadre favorable à une réindustrialisation respectueuse de l’environnement, tout en renforçant l’attractivité du territoire français pour les investisseurs. Les porteurs de projet sont vivement encouragés à tirer parti de la phase préliminaire pour préparer des dossiers complets et conformes et à collaborer étroitement avec les services de l’État pour assurer le succès de leur projet. Il est important de rappeler que seuls les dossiers matures sont acceptés et que le délai de la procédure n’est déclenché qu’à partir de l’acceptation du dossier.

Pour aller plus loin

Dossier thématique : le régime Déclaratif des ICPE


Les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) sont des installations dont les activités peuvent présenter des risques pour la santé publique, la sécurité ou l’environnement. En France, la règlementation des ICPE est régie par le Code de l’Environnement, qui a pour but de protéger l’environnement et la santé des citoyens.

Dans cet article nous faisons le point sur le régime de Déclaration ICPE.

Les ICPE comprennent une large gamme d’activités industrielles, agricoles, de stockage et de traitement des déchets, entre autres. Le régime de déclaration des ICPE, en vertu de la loi n° 76-663 du 19 juillet 1976 et des articles L. 511-1 et L. 511-2 du Code de l’Environnement, a pour objectif de garantir que ces installations respectent des normes strictes afin de prévenir les pollutions et les nuisances.

Les ICPE sont classées en fonction de la nature de leurs activités et de leur impact potentiel sur l’environnement. Cette classification est divisée en différentes rubriques très spécifiques, selon les secteurs d’activité concernés. Il en existe plus d’une centaine, par exemple :

  • Rubrique 2110 : Élevage, transit, vente etc.de lapins
  • Rubrique 2510 : Exploitation de carrière ou autre extraction de matériaux
  • Rubrique 2420 : Fabrication de charbon de bois

Chaque rubrique définit un seuil d’autorisation ou de déclaration. Le régime déclaratif est le plus bas niveau de classement d’une installation et représente généralement des capacités de production ou de stockage limitées. Par exemple, un atelier artisanal est rarement concerné par un régime déclaratif, même si les activités sont visées par des rubriques ICPE. Une installation peut toutefois être soumise à déclaration si ses activités sont en deçà de ces seuils, ou nécessiter un permis si les seuils sont dépassés.

La déclaration est un acte administratif par lequel le porteur de projet informe l’administration de l’exploitation d’une installation. La déclaration est soit « initiale » (pour un projet nouveau) soit elle « modifie une installation existante » (déjà déclarée). Elle doit être faite préalablement à la mise en activité de l’installation et doit respecter une procédure dont les étapes suivantes sont essentielles :

  • Préparation du Dossier : Le déclarant doit préparer un dossier simple comprenant des informations sur l’installation, son fonctionnement, ses impacts environnementaux, et les mesures envisagées pour limiter ces impacts.
  • Dépôt du dossier : Une fois le dossier prêt, il est à déposer auprès des services de l’État (souvent la DREAL – Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement).
  • Vérification et Instruction du Dossier : L’administration procède à l’examen du dossier et peut demander des informations complémentaires. Si le dossier est complet, la déclaration est acceptée sous un délai de 15 jours (ouvrés).
  • Publication et Contrôle : Une fois acceptée, la déclaration devient publique et peut être soumise à des contrôles réguliers de la part des autorités compétentes.

Depuis quelques années, la déclaration des ICPE a été largement numérisée pour simplifier le processus pour les déclarants. Le service en ligne « Système d’Information sur les Installations Classées (S3IC) » permet aux exploitants de :

  • Déposer leur dossier en ligne
  • Suivre l’état de leur déclaration
  • Recevoir des notifications et des décisions par voie électronique

Le Cerfa n° 15271*03 est le document à remplir dans le cadre d’une déclaration initiale. Il permet de déclarer les installations soumises à la réglementation ICPE, en précisant les principales caractéristiques de l’installation, son impact potentiel et les mesures de prévention mises en place. Pour plus d’informations et pour télécharger le formulaire, vous pouvez consulter le lien suivant : Service Public – ICPE.

Le cadre juridique des ICPE est principalement formé par le Code de l’Environnement, en particulier les articles L. 511-1 à L. 511-7. Ces articles définissent les conditions d’exploitation des installations, les obligations du déclarant, et les droits de l’administration de contrôler et de sanctionner en cas de non-conformité.

  1. Article L. 511-1 : Cet article définit ce qu’est une installation classée et décrit le cadre général d’exploitation.
  2. Article L. 511-2 : Il précise les modalités de déclaration pour les installations dont la capacité ou la nature des activités les classe dans la catégorie des établissements à déclaration.
  3. Article R. 511-1 et R. 511-12 : Ces articles fournissent des détails sur la procédure de déclaration ainsi que sur la documentation à fournir.

Voici quelques exemples d’activités qui peuvent entrer dans le régime de déclaration :

  • Les ateliers de peinture, qui utilisent des solvants et des peintures potentiellement polluants.
  • Les stations-service, qui doivent gérer les risques liés aux hydrocarbures.
  • Centres de traitement des déchets, qui effectuent le tri ou le stockage temporaire de déchets.
  • Élevages de bovins intensifs, qui doivent respecter des normes de rejet des effluents.
  • Ateliers de fabrication et de transformation des métaux, où des processus de découpe, de soudage ou de traitement de surface peuvent générer des rejets.

Le classement au titre de la nomenclature des ICPE inclut notamment les travaux qui engendrent l’utilisation d’une quantité significative de produits, comme les peintures, ou qui mobilisent des équipements spécifiques tels que les broyeurs de granulats pour des opérations de défrichement.

Les travaux de peinture, par exemple, peuvent être concernés en raison des volumes importants de solvants ou de produits chimiques employés, qui peuvent libérer des substances nocives dans l’air ou les sols ou présenter un risque d’incendie. Selon la réglementation en vigueur, toute activité dépassant un certain seuil (qui dépend de la nature et de la quantité des peintures) peut nécessiter une déclaration préalable ou même une autorisation ICPE, afin d’assurer une gestion adaptée des risques environnementaux et sanitaires.

D’autre part, l’utilisation d’engins lourds tels que des broyeurs de granulats peut également classer une installation comme ICPE si elle est réalisée à une échelle significative. Ces équipements, souvent nécessaires pour des travaux de terrassement ou de défrichement, génèrent des nuisances sonores et des poussières qui peuvent impacter la qualité de l’air local. Par conséquent, des mesures de prévention doivent être mises en place pour minimiser les retombées environnementales. Ces mesures incluent des dispositifs de filtrage, des protocoles de gestion des déchets et des plans de prévention pour le contrôle des nuisances. L’opérateur est de ce fait tenu d’évaluer l’impact de ses activités et de se conformer aux exigences réglementaires, qui visent non seulement à protéger l’environnement et les populations, mais aussi à assurer une cohabitation harmonieuse entre les activités industrielles et les milieux naturels. En résumé, le respect des normes ICPE est vital pour garantir la durabilité de nos pratiques de construction et d’aménagement, tout en préservant la santé publique et l’intégrité écologique du territoire.

Déterminer si votre activité est soumise à la législation ICPE requiert plusieurs étapes et une compréhension des critères de classification.

  • La première étape consiste à identifier clairement l’activité que vous exercez. Cela inclut une description détaillée des processus, des matériaux utilisés, des produits générés, ainsi que du volume de production et de l’éventuel stockage de substances dangereuses.

  • Le tableau de la nomenclature ICPE recense toutes les activités classées. Cette nomenclature est divisée en rubriques qui vous permettront de vérifier si votre activité est concernée. Chaque rubrique est associée à des seuils qui, lorsqu’ils sont dépassés, déclenchent l’application de la législation ICPE.

  • Pour chaque rubrique, il existe des seuils et des critères spécifiques. Vous devez déterminer si votre installation dépasse ces seuils. Par exemple, certaines activités peuvent être classées ICPE si elles dépassent un certain volume de stockage de produits chimiques ou génèrent une quantité précise de déchets.

  • Certaines activités peuvent bénéficier de régimes spécifiques, comme le régime de déclaration, le régime autorisé ou le régime d’enregistrement. Selon les cas, certaines installations peuvent ne pas être soumises à la réglementation ICPE si elles respectent des conditions particulières.

  • impacts environnementaux au titre de l’article r.122-2

    Évaluez les impacts potentiels de votre activité sur l’environnement. Si votre activité est susceptible de générer des nuisances sonores, des émissions polluantes ou d’autres impacts environnementaux significatifs, il est probable qu’elle fasse l’objet d’une procédure dAutorisation Environnementale (Dossier thématique à venir).

  • Si vous avez des doutes sur la classification de votre activité, il est souvent judicieux de consulter des experts en environnement ou de contacter la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) compétente. Ils peuvent offrir des conseils, ainsi que des éclaircissements sur la réglementation en vigueur.

Une fois que vous avez déterminé si votre activité est classée ICPE, il est essentiel de documenter cette évaluation. Assurez-vous de respecter toutes les obligations qui y sont associées, y compris la mise en place de dispositifs de suivi et reporting en cas de classement.

En résumé, déterminer si votre activité est soumise à la réglementation ICPE demande une analyse précise de vos activités, une consultation de la nomenclature ICPE et éventuellement un dialogue avec les autorités compétentes. Adopter une approche proactive en matière de conformité environnementale est non seulement une obligation légale, mais également un atout pour la durabilité de votre activité.

Connaissez-vous la « clause filet » ?

En tant que professionnel des ICPE, vous êtes confronté à des exigences réglementaires strictes en matière de sécurité et d’environnement. La récente introduction de la « clause filet » en France vient s’ajouter à ces exigences et peut impacter les procédures des dossiers administratifs à soumettre aux instances en charge de l’instruction de vos dossiers ICPE (nouveau projet, et extension ou modification du projet).

Comprendre la « Clause Filet » :

La directive européenne 2011/92/UE sur l’évaluation environnementale impose que tous les projets susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement et la santé humaine, quelle que soit leur taille, soient soumis à une évaluation environnementale. Or, le système français, jusqu’en 2022, se basait sur des seuils pour déterminer si un projet devait être évalué (Article R122-2 et ses annexes). Cette approche était jugée trop restrictive par la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), qui estimait que même les petits projets pouvaient avoir des impacts importants et, de fait, être aussi étudiés.

La « clause filet » est la récente réponse adoptée par la France. C’est un mécanisme qui permet de soumettre à études des projets, même s’ils ne dépassent pas les seuils de taille définis par la législation, si un risque notable d’impacts négatifs sur l’environnement ou la santé est identifié. Cette mesure a été mise en place par le décret du 25 mars 2022 et confirmée via une décision du Conseil d’État le 4 octobre 2023.

L’introduction de la « clause filet » a pour conséquence la création d’une troisième catégorie de projets eux aussi susceptibles d’être soumis à évaluation environnementale. Le décret prévoit que la « clause filet » peut être utilisée à l’initiative de l’autorité compétente ou du maître d’ouvrage, et vient utilement préciser l’articulation de cette nouvelle procédure avec les procédures existantes.

Impacts de la « Clause Filet » sur les ICPE :

  • Élargissement du champ d’application de l’évaluation environnementale : La « clause filet » élargit considérablement le champ d’application de l’évaluation environnementale, impliquant un nombre accru de projets et de procédures pour les ICPE. Quel que soit alors la « taille » du projet et ce, même en dessous des seuils réglementaires, l’examen au cas par cas peut ainsi entrer en action notamment sur décision de l’autorité administrative (DREAL).

Exemple de cas : l’entreprise X, non classée, mais qui souhaite stocker et/ou utiliser un nouveau produit particulièrement dangereux, peut être contrainte à examen approfondie (même si les quantités sont en dessous des seuils réglementaires qui fixent les études et contraintes administratives associées).

  • Risques accrus de délais et de coûts supplémentaires : en application du Code de l’Environnement, la réalisation d’une évaluation environnementale suit un processus complexe et chronophage. La « clause filet » peut donc entraîner des délais et des coûts supplémentaires pour vos projets d’ICPE.
  • Augmentation des risques de contentieux : le manque de clarté et de transparence dans la mise en œuvre de la « clause filet » peut engendrer des contestations juridiques et des retards.

Comment gérer les problématiques liées à la « Clause Filet » :

  • Intégrer l’évaluation environnementale et / ou l’étude de dangers dès la phase de conception de vos projets :

Une intégration précoce de l’évaluation environnementale dans la conception de votre projet d’ICPE vous permettra d’identifier les enjeux majeurs de votre projets et ainsi  minimiser les risques et les coûts liés à la « clause filet ».

  • S’appuyer sur des ressources externes en management des risques :

Un expert en management des risques vous aidera à identifier, analyser et gérer les risques liés à la « clause filet », et à mettre en place des stratégies de mitigation/consolidation efficaces afin de minimiser les risques de contentieux et maitriser les délais…

  • Mettre à jour vos études de dangers et d’impacts :

Il est crucial de mettre à jour vos études de dangers et d’impacts pour tenir compte des nouveaux critères de la « clause filet ». Tous les acteurs sont en effets plus sensibles et peuvent remettre en cause la pérennité de votre projet en s’appuyant sur ce dispositif.

En tant que prestataire spécialisé dans les études de dangers et d’impacts pour les ICPE, nous pouvons vous accompagner dans la gestion des risques liés à la « clause filet » et vous aider à :

  • Réaliser ou mettre à jour vos études de dangers et d’impacts,
  • Identifier les risques et les enjeux spécifiques à votre projet,
  • Développer des stratégies de mitigation et de prévention,
  • Mettre en place des processus de suivi et de contrôle,
  • Gérer les relations avec les autorités compétentes.

Pour plus d’informations : https://association-idpa.com/

Fiche Thématique : Les batteries au Lithium

Boostée par la transition énergétique et l’évolution des usages, notre société utilise de plus en plus de systèmes de stockages d’énergie électrique mobiles ou de « sauvegarde » (prévenant d’éventuelles coupures d’alimentation électrique).

Les batteries à technologie lithium (-ion) sont largement utilisées en raison notamment de leur haute densité énergétique, alimentant ainsi une large gamme d’appareils électroniques et de véhicules électriques (ou hybrides).

Cependant, ces batteries ne sont pas sans risques, comme en témoignent plusieurs incidents/accidents les impliquant.

En effet, même s’ils sont peu fréquents, ces évènements peuvent être « spectaculaires » et générer de lourdes conséquences humaines, environnementales mais également économiques et sociales…

Les risques associés à l’utilisation des batteries Lithium-ion

  1. Les batteries lithium-ion peuvent subir un emballement thermique, entraînant une augmentation rapide de la température et des réactions chimiques incontrôlées. Cela peut provoquer des incendies, des fuites d’électrolytes potentiellement toxiques et des explosions.
  2. Suivant la capacité d’énergie emmagasinée, le phénomène d’emballement thermique peut s’auto-entretenir longtemps. Les incendies résultants peuvent être, de fait, d’autant plus difficiles à éteindre et peuvent se propager.

Les phénomènes dangereux d’incendie ou d’explosion sont donc particulièrement redoutés de par les potentiels effets de propagation et dominos qu’il peuvent générer ainsi que leurs émanations toxiques.

Réglementation associée

Actuellement, les locaux de charges de batteries sont classés au titre de la rubrique 2925 de la nomenclature des ICPE. D’après les premiers retours d’expérience, il semblerait que les prescriptions en vigueur ne soient pas totalement compatibles avec l’usage des batteries au Lithium. Il faut donc s’attendre à une refonte des textes applicables.

Un local de charge de batteries dont la puissance totale est supérieure à 600 kW doit être cloisonné par des murs REI 120 (coupe-feu 2heures), et équipés de dispositifs d’évacuation des fumées et des gaz de combustion.

Comment se prémunir de ces accidents, et comment agir face au risque ?

  • Effectuer des contrôles réguliers des batteries et dispositifs associés ;
  • Définir des conditions de manipulations et d’utilisations sécurisées ;
  • Stocker de façon sécurisé les batteries au lithium
  • Maîtriser la charge
  • Sensibiliser / former le personnel

Dans tous les cas des mesures de prévention doivent être adaptées en fonction de votre environnement de travail spécifique et des recommandations des autorités compétentes.

FLOW 17 vous accompagne pour vos problématiques associées à l’utilisation de batteries Lithium-ion sur vos sites ainsi que tous vos projets.

Mise à jour de la fiche barrière « évents d’explosion » – INERIS

L’INERIS vient de publier une nouvelle version du document de synthèse relatif aux évents d’explosions en tant que barrière de sécurité à prendre en compte pour les Études de Dangers.

Ce guide présente les informations relatives aux évents d’explosion qui représentent aujourd’hui la solution de réduction des effets des explosions confinées la plus utilisée dans l’industrie. Ces dispositifs sont conçus pour permettre d’atténuer significativement les effets d’une explosion confinées (par exemple au sein d’un réservoir de stockage).

Retrouvez le guide ici : https://www.ineris.fr/fr/events-explosion-document-synthese-relatif-barriere-technique-securite-bts

Ajout de deux nouvelles substances à la liste SVHC

Dans le cadre du règlement REACH, l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) vient d’ajouter deux nouvelles substances à la liste des substances extrêmement préoccupantes (SVHC) candidates en vue d’une autorisation.

Il s’agit de :

l’oxyde de diphénylphosphine (CAS n° 4559-70-0), composé organophosphoré qui se retrouve dans une grande variété de produits chimiques (encres, colorants). L’Echa considère cette substance comme potentiellement reprotoxique.

le bis(4-chlorophényl) de sulphone (CAS n° 80-07-9), composé organique, utilisé dans la fabrication de produits plastique de couleur blanche . Selon l’Echa, cette substance serait très persistante et très bioaccumulable, à l’instar de certains perturbateurs endocriniens

La liste SVHC compte désormais, avec ces deux ajouts, 235 substances candidates à autorisation. Pour rappel, les fabricants employant pour leurs produits l’une des substances listées à une concentration supérieure à 0,1 % doivent informer leurs clients de leur toxicité potentielle et en notifier l’Echa.